Voici comment les biais cognitifs influencent le travail d’équipe

L’objectif des biais cognitifs est d’aider les gens à réfléchir plus rapidement, mais ils introduisent souvent des erreurs de calcul et des fautes.

Aujourd’hui, nous vous proposons un focus sur quatre biais liés à la notion de groupe, car identifier ces biais est la première étape pour les éviter. Ces biais sont fréquents lorsqu’on travaille en équipe, et les reconnaître vous aidera à être plus objectif et à prendre de meilleures décisions.

1. L’effet d’entraînement

L’effet d’entraînement illustre la tendance à faire ou à croire des choses parce que beaucoup d’autres personnes font ou pensent la même chose.

Je ne vais pas m’étendre sur la description de ce préjugé car il vous est probablement très familier. Vous êtes confronté à l’effet d’entraînement depuis votre enfance, et avec le temps, nous en sommes de plus en plus affectés.

Voici quelques exemples :
Les régimes alimentaires :
Lorsque tout le monde adopte un régime à la mode spécifique, les gens deviennent plus susceptibles d’essayer ce régime eux-mêmes.

Les élections :
Les gens sont plus susceptibles de voter pour le candidat qu’ils pensent gagnant.

La mode :
De nombreuses personnes commencent à porter un style vestimentaire particulier lorsqu’elles voient les autres adopter la même mode.

La musique :
Lorsque de plus en plus de personnes commencent à écouter une chanson ou un groupe musical spécifique, il est plus probable que d’autres personnes l’écoutent également.

Réseaux sociaux :
Lorsque de plus en plus de personnes commencent à utiliser un réseau social, il est plus probable que d’autres personnes commencent à l’utiliser. L’effet d’entraînement peut influencer la façon dont les messages sont partagés et les interactions au sein des groupes en ligne.


Cet effet est lié à la pensée de groupe et au comportement grégaire que nous abordons plus loin dans cet article.

2. Le biais de l’information partagée

Le biais de l’information partagée est connu comme la tendance des membres d’un groupe à consacrer plus de temps et d’énergie à discuter des informations que tous les membres connaissent déjà et moins de temps et d’énergie à discuter des informations que seuls certains membres connaissent.

Les conséquences néfastes d’une mauvaise prise de décision peuvent survenir lorsque le groupe n’a pas accès aux informations non partagées (profils cachés) pour prendre une décision en connaissance de cause. Bien que la discussion d’informations non partagées puisse être éclairante, les groupes sont souvent motivés pour discuter d’informations partagées afin de parvenir à un consensus sur un plan d’action. La nature de la discussion entre les membres du groupe permet de déterminer si des préjugés en faveur des informations partagées vont apparaître.

Selon Wittenbaum et al. (2004), les membres sont motivés par l’établissement et le maintien de leur réputation, le resserrement de leurs liens et la compétition pour le succès contre les autres membres du groupe. Par conséquent, les individus ont tendance à être sélectifs lorsqu’ils divulguent des informations aux autres membres du groupe.

Voici quelques conseils pour éviter ce biais :

  • Faites l’effort de passer plus de temps à discuter activement des décisions collectives. Des réunions plus longues augmentent la probabilité de revoir des informations non partagées car les membres du groupe ont tendance à discuter d’abord des informations partagées.
  • Faites un effort pour éviter les discussions généralisées en augmentant la diversité des opinions au sein du groupe (Smith, 2008).
  • Introduisez la discussion d’un nouveau sujet pour éviter que les membres ne reviennent sur des points déjà discutés (Reimer, Reimer & Hinsz, 2010)
  • Évitez les contraintes de temps ou de durée qui incitent les membres du groupe à discuter de moins d’informations (Kelly & Karau, 1999 ; Bowman & Wittenbaum, 2012).
  • Clarifiez auprès des membres du groupe lorsque certaines personnes ont une expertise pertinente (Stewart & Stasser, 1995).
  • Inclure plus de membres du groupe qui ont une expérience pertinente à la tâche. (Wittenbaum, 1998)
  • La technologie peut également offrir aux membres du groupe un moyen de cataloguer l’information. Ces outils technologiques (ex : moteurs de recherche, bases de données, programmes informatiques d’estimation des risques) permettent de faciliter la communication entre les membres tout en structurant le processus décisionnel du groupe (Hollingshead, 2001).

Pensée collective

La pensée collective est un phénomène psychologique qui se produit au sein d’un groupe de personnes dans lequel le désir d’harmonie ou de conformité du groupe aboutit à un résultat irrationnel ou dysfonctionnel en matière de prise de décision.

Dans un groupe, la cohésion, ou son désir, peut produire une tendance parmi ses membres à s’entendre à tout prix. Ce désir amène le groupe à minimiser les conflits et à parvenir à une décision consensuelle sans évaluation critique.

La pensée de groupe oblige les individus à éviter de soulever des questions controversées ou des solutions alternatives, et il y a une perte de créativité individuelle, d’unicité et de pensée indépendante.

La dynamique de groupe dysfonctionnelle du « groupe interne » produit une « illusion d’invulnérabilité » (une certitude exagérée que la bonne décision a été prise). Ainsi, le « groupe interne » surestime considérablement ses propres capacités en matière de prise de décision et sous-estime considérablement les capacités de ses adversaires (le « groupe externe »).

En outre, la pensée de groupe peut entraîner des actions déshumanisantes à l’encontre du « groupe extérieur ». Les membres d’un groupe peuvent souvent ressentir une pression de la part de leurs pairs pour « suivre la foule », de peur de faire des vagues ou de craindre que le fait de s’exprimer n’affecte la façon dont leurs coéquipiers les perçoivent.

Selon Irving Janis, les groupes de décision ne sont pas nécessairement voués à la pensée de groupe. Il a imaginé des moyens de prévenir la pensée de groupe :

  • Les leaders devraient attribuer à chaque membre le rôle d' »évaluateur critique ». Ce rôle permet à chaque membre d’exprimer librement ses objections et ses doutes.
  • Les leaders ne doivent pas exprimer leur opinion lorsqu’ils confient une tâche à un groupe.
  • Les leaders doivent s’absenter de nombreuses réunions de groupe pour éviter d’influencer excessivement le résultat.
  • L’organisation doit mettre en place plusieurs groupes indépendants travaillant sur le même problème.
  • Examiner toutes les alternatives efficaces.
  • Chaque membre doit discuter des idées du groupe avec des personnes de confiance extérieures au groupe.
  • Le groupe devrait inviter des experts extérieurs aux réunions. Les membres du groupe doivent être autorisés à discuter avec les experts extérieurs et à les interroger.
  • Au moins un membre du groupe doit se voir attribuer le rôle de l’avocat du diable. Ce rôle doit être attribué à une personne différente pour chaque réunion.

Le comportement de troupeau, effet de meute ou comportement grégaire

Le comportement de troupeau est le comportement des individus d’un groupe qui collaborent sans direction centralisée. Le comportement de troupeau se produit chez les animaux dans les troupeaux, les meutes, les volées d’oiseaux, les bancs de poissons, etc. ainsi que chez les humains.

Les manifestations, les émeutes, les grèves générales, les événements sportifs, les rassemblements religieux, la prise de décision quotidienne, le jugement et la formation d’opinion sont autant de formes de comportement grégaire d’origine humaine.

Ce biais se retrouve dans la prise de décision quotidienne. Les comportements grégaires « bénins » peuvent se produire fréquemment dans les décisions quotidiennes basées sur l’apprentissage à partir des informations des autres, comme lorsqu’une personne dans la rue décide dans lequel de deux restaurants elle va dîner.
Supposons que les deux aient l’air attrayants, mais qu’ils soient tous deux vides parce que c’est le début de la soirée ; cette personne choisit donc au hasard le restaurant A. Bientôt, un couple marche dans la même rue à la recherche d’un endroit pour manger.
Ils voient que le restaurant A a des clients alors que le B est vide et choisissent le A parce que le fait d’avoir des clients en fait le meilleur choix. Comme d’autres passants font la même chose, le restaurant A fait plus d’affaires ce soir-là que le B. Ce phénomène est également appelé « cascade d’informations ».

Par ailleurs, le comportement grégaire est souvent un outil utile en marketing et, s’il est utilisé correctement, il peut entraîner une augmentation des ventes et des changements dans la structure de la société. S’il a été démontré que les incitations financières provoquent des actions chez un grand nombre de personnes, la mentalité de troupeau l’emporte souvent.

Merci de votre lecture ! Nous espérons que le fait d’en savoir plus sur ces biais cognitifs vous sera utile !

Si vous avez des questions, faites-nous en part dans les commentaires. Nous aimons avoir vos impressions !

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